Comment bien choisir son itinéraire de trek?

« Je voudrais partir en trek prochainement…quel itinéraire me conseilles-tu ? » Voici l’une des questions qui m’est le plus souvent posée depuis que je partage mon expérience sur Globetrekkeuse.
Impossible d’y répondre sans prendre le temps de vous connaître un peu et de comprendre vos motivations et vos envies derrière cette simple phrase : « je veux faire un trek ».

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un trek ?

Le trek (ou trekking) n’est, à l’origine, rien d’autre qu’une randonnée pédestre en région montagneuse. Cette définition s’est beaucoup élargie depuis que la randonnée est devenue l’une des activités préférées des français et le trek désigne désormais toute randonnée itinérante de plusieurs jours. Autonomie et durée sont les caractéristiques essentielles du trek.
Pour ma part, je considère qu’une randonnée se transforme en trek à partir du moment où elle dure plus de 3 jours, dans un environnement montagneux, et qu’elle peut se faire en totale autonomie.

Les questions à se poser pour bien choisir son trek

Question n°1 : QUELLE DUREE ?
calendrierLa plupart des personnes profitent de leur congés pour tenter l’aventure et dispose donc d’un temps limité pour atteindre le point de départ du trek et le réaliser. A moins d’habiter aux pieds de l’itinéraire choisi, il faut compter une semaine minimum pour partir en trek.
La durée du trek va aussi dépendre de votre capacité physique et mentale à marcher en autonomie plusieurs heures par jour, avec un confort très limité en bivouac (même s’il est meilleur en refuge, les ronflements, la promiscuité et même les éclats de rire des compagnons de nuit peuvent vite devenir fatigants).
Pour un premier trek, je préconise une durée de 5 jours : assez long pour ressentir le plaisir de la randonnée itinérante, assez court pour tenir jusqu’au bout si finalement, ce n’est pas votre truc !

Question n°2 : QUEL ENVIRONNEMENT ?
Montagneux, sinon ce n’est pas un trek !
Bon, j’en vois qui ne sont pas d’accord alors je vais atténuer mon propos. Certaines longues randonnées s’effectuant dans un environnement exceptionnel peuvent être considérées comme un trek : c’est le cas du mythique Chemin des Douaniers en Bretagne avec ses 1800 km de côte déchiquetée et sculptée par la mer au cours des millénaires… Mais, non ! Le Sentier de Saint-Jacques n’est pas un trek, d’autant plus qu’il est parsemé de gites et refuges et laisse peu de place à l’autonomie.
Si vous vous ralliez à moi et optez pour la montagne, il reste à choisir le type de montagne : plus ou moins proche de chez vous, plus ou moins haute, plus ou moins isolée.
Le GR20 corse, physique mais accessible à tous, vous comblera par ses paysages entes monts et mer, alors qu’un trek en Himalaya, plus exigeant, vous emportera vers des espaces immaculés appréhender les effets de la très haute montagne.

Question n°3 : QUELLE DIFFICULTE ?
Randonneur dominical ou sportif au quotidien : le trekking a l’avantage d’être une activité accessible à tous ceux qui aiment marcher, quel que soit leur niveau.
La difficulté d’un itinéraire est liée à 2 critères principaux : la durée et le dénivelé, auxquels on peut ajouter l’environnement (isolé, désertique, chaud ou froid…) et les conditions météorologiques.
Seuls les trekkeurs expérimentés pourront s’aventurer dans les régions extrêmes et se satisfaire d’une météo capricieuse et aléatoire (très haute montagne), d’un itinéraire peu pratiqué et d’une solitude quasi-parfaite.trek-difficulteChoisissez l’itinéraire en fonction de votre niveau. Munissez-vous d’une carte IGN 1/25 000ème et imaginez toutes les variantes possibles jusqu’à trouver VOTRE itinéraire :
Débutant (sans préparation) : 4 heures de marche par jour avec un faible dénivelé,
Marcheur (bonne condition physique) : 4 à 6 heures de marche par jour avec un dénivelé compris entre 400 et 600 mètres par étape,
Très bon marcheur (sportif) : plus de 6 heures de marche par jour avec un dénivelé compris entre 600 et 1000 mètres par jour,
Trekkeur expérimenté : plus de 6 heures de marche par jour avec un dénivelé de 1000 mètres environ par jour, en totale autonomie.
Si vous n’avez vraiment aucune idée de l’endroit où vous voulez aller marcher, jetez un coup d’œil sur les sites de voyagistes spécialisés (Terdav, Nomade-Aventure…) pour vous orienter.

Question n°4 : SEUL OU ACCOMPAGNE ?
Le plaisir du trek réside dans le fait d’être autonome et donc, de pouvoir composer son itinéraire, et en changer, à son bon vouloir. A moins de partir dans une destination extrême et méconnue, oubliez les voyages organisés ! Mieux vaut commencer par un itinéraire facile et bien balisé, où vous pourrez, en toute sécurité et à votre rythme, parfaire votre sens de l’orientation et votre méthode de marche. Croyez-moi, rien n’est plus frustrant que de devoir écourter sa pause déjeuner au bord de l’eau ou freiner son pas un jour de grande forme pour satisfaire le reste du groupe.
Les accrocs à la liberté partiront seuls, mais l’idéal est de partir avec quelques amis. Le sentier paraîtra moins long, les coups de fatigue plus supportables, et le sac à dos sera normalement moins lourd, à moins que votre équipier vous ait refourgué la tente et les piquets ! Choisissez de vrais amis : la fatigue et la faim peuvent créer des tensions qu’il faudra accepter, tout simplement. Et limitez le groupe à 6 personnes, marchant à peu près au même rythme.

Question n°5 – AUTONOMIE OU REFUGE ?
C’est très simple, tout dépend du poids que vous êtes prêts à porter tout au long du trek (attention, on part pour une longue distance).
bivouacL’autonomie totale implique de porter la tente, le duvet, la popote et la nourriture, avec néanmoins des bénéfices non négligeables : pouvoir dormir où l’on veut, prolonger ou raccourcir les étapes à sa guise, éviter les ronflements, être plus proche de la nature… Par beau temps, le bivouac est un pur bonheur. Evidemment quand il pleut ou vente, c’est beaucoup moins drôle, mais les aléas rendent l’aventure inoubliable.
Privilégiez le bivouac si vous êtes prêts à porter 5 kg supplémentaire tout au long du trek. Vous pouvez toujours prendre le dîner dans les refuges et prévoir des étapes de ravitaillement sur l’itinéraire pour ne pas avoir à emporter trop de nourriture.

Question n°6 – ET A PART LE TREK ?
Si vous profitez de vacances pour tenter le trek, il faut que la destination vous plaise et vous permette de réaliser d’autres activités après le trek qui vous permettront de récupérer dans un endroit plaisant. Ceux qui préfèrent se reposer chez eux choisiront une destination pas trop lointaine de leur domicile. Certains préfèreront prolonger le séjour sur la plage ou en visitant un pays : direction Les Dolomites pour un « after » à Venise ou le Ladakh pour une évasion dans l’univers des temples tibétains…

Quelques exemples de trek 

< 8 JOURS
France :
Moyenne montagne – Marcheur – Autonomie ou Refuge
Mare a Mare Nord ou Sud en Corse (6 jours)
Tour du Queyras dans les Alpes du Sud (7 jours)
Traversée du Massif Central : du Cantal à l’Aubrac (7 jours)
Etranger :
Moyenne montagne – Très bon marcheur – Autonomie
Parc Torres del Paine au Chili (6 jours)    voir l’article Patagonie, un paradis nommé Pehoe
Très Haute montagne – Très bon marcheur – Autonomie
Chemin de l’Inca au Pérou (4 jours)
> 10 JOURS
France :
Moyenne montagne – Très bon marcheur – Autonomie ou refuge
Le GR20 en Corse (14 jours)  voir l’article GR20 en Corse : 10 conseils pour réussir
Les cirques de la Réunion (10 jours)    voir l’article île de La Réunion : paradis des randonneurs
Haute montagne – Très Bon marcheur – Autonomie ou refuge
Tour du Mont-Blanc (10 jours)
Etranger :
Très Haute montagne – Très bon marcheur – Accompagné
Lac Tsomoriri au Ladakh, Inde (10 à 12 jours)   voir l’article 8 jours au Ladakh, pas à pas

ladakh-nuruchen

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A propos de l'auteur  ⁄ celine

Editeur du blog de voyages Globetrekkeuse, je parcours la planète à la recherche des plus beaux sites naturels. Je partage mon expérience avec tous les autres voyageurs, amateurs ou globe-trotters et vous propose de nombreux récits de voyage, itinéraires et conseils. Rejoignez-moi sur mon profil Google+

8 Commentaires

  • Répondre
    30 mars 2014

    « L’autonomie totale implique de porter la tente, le duvet, la popote et la nourriture, avec néanmoins des bénéfices non négligeables : pouvoir dormir où l’on veut, »
    Ce n’est pas totalement vrai, notamment lorsque l’on se trouve dans un parc national où il est obligatoire de dormir à un emplacement prévu à cet effet (autour des refuges pour le gr20 par exemple)…
    « Les accrocs à la liberté partiront seuls, mais l’idéal est de partir avec quelques amis. » J’ai toujours préféré marcher seul de mon côté…
    Piotr Articles récents…Assaut hivernale des 6000m du Stok Kangri au Ladakh – récitMy Profile

    • Répondre
      30 mars 2014

      OK pour les parcs nationaux, mieux vaut respecter les règles d’hébergement… quoique… depuis que les refuges refusent également les campeurs sur leur « territoire », je me demande si leur règlement est fait pour préserver l’environnement ou leur bourse!
      Merci pour ton message et bons chemins à toi.
      Globetrekkeuse Articles récents…Comment bien choisir son itinéraire de trek?My Profile

  • Répondre
    10 avril 2014

    Hello ! Je viens tout juste de découvrir ton site et quelque chose me dit que ça va me plaire. J’attaque la lecture, ça va me donner envie tout ça ! :-)
    rentreratelleauboutdunmois Articles récents…l’araignée qui crachait du feuMy Profile

  • Répondre
    17 avril 2014

    Hello Céline,
    Pour notre part on a trouvé le chemin de l’Inca plus facile que Torres del Paine! :-) Mais c’est aussi à cause du poids qu’on avait sur le dos. Autonomie totale à Torres del Paine alors que pour l’Inca Trail ce n’est pas possible de le faire seul à notre connaissance, il faut avoir recours à une agence certifiée avec guide et porteurs pour les tentes et la nourriture.
    Un jour le Ladakh peut-être…
    A bientôt,
    C&M
    Chloé et Murvin Articles récents…Guide de Visite des temples d’AngkorMy Profile

    • Répondre
      4 mai 2014

      Difficile de faire le Ladakh seul également, surtout que les conditions (altitude) sont difficiles et les cartes aléatoires… Je vous conseille de partir en trek à 4 ou 5 car à 2 avec guide, muletier et cuisiniers (c’était mon cas), c’est un peu « too much » quand même !
      Bonne route.
      Trek au Ladakh : 6 conseils pour réussir
      Globetrekkeuse Articles récents…Critiques de Films 2014My Profile

  • Répondre
    1 mai 2014

    J’aime les randonnées en montagne mais je n’ai jamais fait de trek et je ne sais pas si je saurais faire cela durant toute une semaine … il faut réellement être passionné pour faire cela et d’autant plus si on le fait seul …
    Christophe@LesVadrouilleurs Articles récents…Randonnée en Vallée d’Abondance à la rencontre des bouquetinsMy Profile

    • Répondre
      4 mai 2014

      Passionné, c’est sûr, surtout quand le col semble inaccessible après plusieurs heures de marche…mais la passion vient en marchant! Dormir en pleine nature, aux sommets des montagnes, à l’affût du moindre bruit suspect, être autonome et pouvoir aller où bon te semble, à ton propre rythme, t’arrêter quand le paysage t’inspire, accélérer quand la forme est au top…voilà quelques effets jubilatoires du trekking. Choisis un itinéraire avec des paysages qui te font rêver et essaie 2, 3 jours avec nuit en refuge pour commencer, addiction garantie !
      Globetrekkeuse Articles récents…Critiques de Films 2014My Profile

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