Obivwak, raid d’orientation de 2 jours en Haute-Savoie

OBIVWAK, le nom ne pouvait que me séduire.
1 raid d’orientation en autonomie complète, 2 jours de course, des centaines d’équipes s’affrontant dans la bonne humeur, un bivouac géant : ce sont quelques-uns des ingrédients qui font le succès de cet évènement, qui a eu lieu les 7 et 8 Juin 2014 sur le plateau de Semnoz près d’Annecy.

Obivwak : une cours d’orientation pour les sportifs ?

Non, l’intérêt de ce raid est qu’avec 8 catégories différentes, il y en a pour tous, coureurs ou randonneurs, pros ou novices de l’orientation, l’important étant de bien choisir son circuit en fonction de son niveau. 2 critères entrent en jeu : la distance (de 25 à 50 km) et la technicité de l’orientation (peu ou très technique).
J’ai choisi le circuit F. Non, ce n’est pas le plus facile, ça va jusqu’à H ! Pour ce circuit, il est prévu 35 kilomètres de marche, 1100 mètres de dénivelé sur un circuit peu technique, environ 8h de marche sur 2 jours… ce qui dépend évidemment de l’itinéraire choisi et du nombre de fois où l’on se perd !
Pour les plus sportifs, le circuit A propose une distance de 50 km pour 1400 mètres de dénivelé et une orientation très technique.

O’bivwak : ça se passe où et comment ?

Le départ a lieu à 12h30 sur le plateau de Semnoz près d’Annecy samedi 7 Juin, pour une arrivée normalement prévue le lendemain à la même heure…
carte-orientationChaque équipe de 2 est munie d’une carte d’orientation à l’échelle 1/15000ème et d’une feuille de route. Avant de s’élancer sur les sentiers, il faut reporter les points de la feuille de route en utilisant boussole et règle de report, et choisir le meilleur itinéraire possible. Le chemin le plus direct entre 2 points est la ligne droite, ok, mais ce n’est pas forcément le chemin le plus rapide. Le but est d’évaluer, en fonction de sa condition physique et de l’environnement, le chemin le plus rapide pour l’équipe.
Première chose donc, il faut apprendre à lire une carte d’orientation et à y reporter les points de la feuille de route. Parce que, évidemment, les cartes ne sont pas les mêmes que celles de randonnée, ce serait trop facile : la forêt est représentée en blanc lorsqu’elle est pénétrable, en vert lorsque la visibilité est plus faible…etc… Mais, pas d’inquiétude, un stand de lecture et report de point sur cartes d’orientation est prévu avant le départ.

Obivwak : quel matériel obligatoire ?

La liste est fournie lors de l’inscription et un contrôle avant le départ permet de vérifier que chaque équipe est équipée à minima d’un réchaud, d’une pharmacie de secours, d’une tente et des consignes de course, et que chaque concurrent est équipé à minima d’un sac à dos, un sac de couchage, une lampe, un sifflet, une boussole, une couverture de survie, des vêtements chauds, de bonnes chaussures, une gourde remplie et de la nourriture pour 2 jours (en autonomie complète, on a dit).
Cela ne devrait pas dépasser les 6 à 7 kilos !

Obivwak, nous voilà !

Samedi 7 JUIN
10h30 : Arrivée à la station de SEMNOZ, où nous sommes accueillis en musique sous un grand chapiteau pour retirer les dossards et la puce électronique qui va nous permettre d’enregistrer chacune des balises trouvées. 15 minutes au stand d’aide au report permet de se familiariser avec les cartes d’orientation et leur légende étrange pour les randonneurs habitués aux cartes IGN.
Un coéquipier lit les points sur la feuille de route pendant que le second reporte chacune des bornes sur la carte :  “B36 – 4,4 – 2,4 – petite dépression, tu as trouvé ? un petit rond orange ? non ? Bon, on recommence B36, non pas D, B…” si à l’entraînement, les petites erreurs de report son amusantes, pendant l’étape, elles le sont beaucoup moins…
La course d’orientation est un sport qui apprend, sans conteste, à faire confiance à son équipier, à s’entraider et à être patient !

11h00 : Nous sommes prêts. Dossard 6060. Il ne reste plus qu’à passer le sas de vérification des sacs : gare aux oublis ou au matériel non réglementaire! Et là surprise, la fouille n’est pas systématique mais aléatoire. En gros, une équipe sur 10 est fouillée ! Nous aurions donc pu nettement alléger le sac, d’autant plus que la météo est caniculaire. Le blouson imperméable et le duvet deviennent vite des fardeaux inutiles lorsqu’il faut courir sur les sentiers de montagne… et effectivement, certaines équipes ont des sacs si petits que l’on se demande même s’ils ont prévu de quoi s’alimenter!
Après la fouille, les 900 équipes, de tout niveau, sont parquées dans un enclos, en attente du départ collectif (“départ en masse” dans le jargon des habitués), tiré à 12h30. Certains avalent des barres vitaminées, d’autres préfèrent les sandwichs ou les frites, certains s’échauffent, d’autres profitent des derniers instants de repos pour s’assoupir… puis la musique monte et le décompte comment : 5…4…3…

12h30 : Départ en masse
raidobivwak-departLes plus rapides se sont positionnés de façon à partir en tête, les autres suivent en trottinant, direction un endroit tenu secret pour la prise de feuille de route, situé 600 mètres plus loin et plus haut sur la montagne. C’est parti. Il faut reporter les bornes sur la carte, l’un des moments les plus excitants de la course : on voit petit à petit l’itinéraire à réaliser se dessiner et la stratégie peut commencer.
Les premières bornes sont atteintes assez facilement, les équipes se suivant tel un troupeau de moutons. Puis, les différents circuits se séparent et les concurrents trouvent leur propre rythme. On se disperse dans la forêt. Ceux qui courent prennent de l’avance mais sont parfois rattrapés suite à une erreur d’orientation. Et c’est bien là le plus difficile moment : quand après 30 minutes de course sur les sentiers ou dans les ronces, vous vous apercevez que vous n’êtes pas du tout où vous devriez être!
Finalement, quelque soit le rythme, il est difficile de savoir pendant la course où l’on se situe. Le plus important est de ne pas rater de balise au risque d’être éliminé.
Circuit F : 16 balises à trouver.
15h : Arrivée à la balise n°8
Après quelques difficultés à apprivoiser l’échelle de la carte et à se repérer avec précision dans l’environnement, nous sommes désormais bien dans la course, à l’affût du moindre indice. Le paysage est magnifique avec quelques vues sur le lac d’Annecy en bonus. Comment ne pas s’arrêter pour savourer l’instant ? On perd du temps, mais nous ne sommes pas à quelques minutes près…

16h30 : Enfin la borne 13
raidobivwak-baliseLe numéro 13 ne nous aura pas porté chance. Cette étape nous aura causé bien des difficultés et de la fatigue. Nous avions pourtant bien appréhendé la passage entre 2 falaises puis dans la forêt peu pénétrable mais à l’arrivée dans la clairière, problème : il n’y a pas de clairière, et les sentiers semblent partir dans toutes les directions sauf celle que nous recherchons… Dans ces cas-là, soit vous maîtrisez parfaitement l’orientation à la boussole, soit vous demandez de l’aide aux autres concurrents !

17h : Arrivée au bivouac
Soulagés et les cuisses, peu habituées à un tel effort, endolories.
Nous avons bouclé la course en 4 : 29 : 50, ce qui nous place à la 25ème place de la catégorie F-mixte (sur 75 équipes). Nous nous en sommes bien tirés…
Il faut maintenant monter la tente dans l’enclos qui sert de camping et qui va vite se remplir.
raidobivwak-bivouacDans quelques heures, nous serons entassés les uns sur les autres, dans une  ambiance un peu surréaliste, où chacun refait la course et essaie de prévoir celle du lendemain. Des réservoirs d’eau gentiment prêtés par l’armée offrent l’eau à volonté et il fait si chaud que beaucoup de concurrents finissent sous l’eau en caleçon ou sous-vêtements : pas de place ici pour les complexes !
19h : Fin de la course.
Les premières odeurs de soupe ou repas lyophilisés se font sentir, alors que certains concurrents sont encore égarés dans la montagne. La dernière équipe arrivera à 21h, sous les applaudissements de tout le public. Hélas, ce retard est souvent synonyme de PM (Poste Manquant), éliminatoire.
22h : le camps s’endort…

Dimanche 8 JUIN
5h00 : Réveil au saxophone
La nuit a été calme et chaude, même si l’excitation a empêché la plupart des concurrents de bien dormir.
6h00 : Départ des premiers concurrents
Les équipes les mieux classées la veille partent en avance afin de ne pas être gênées par le troupeau. Ce sont celles qui jouent le chrono et vont s’affronter sans merci sur la dernière étape, plus difficile encore que celle de la veille.
6h30 : Départ en masse
Etrangement moins rapide que la veille… les organismes ont un peu souffert. Mais toujours avec la même motivation de retrouver toutes les balises.
Circuit F : 11 balises à trouver. C’est reparti !
raidobivwak-report8h : Arrivée à la balise n°3
Les jambes souffrent, le dénivelé étant beaucoup plus important que la veille. Il faut changer de stratégie pour prendre des chemins ayant un dénivelé moins prononcé, au risque de ne pas atteindre l’arrivée. La balise n°4 semble inatteignable, au sommet de la falaise…la course se joue sur cette étape.
Heureusement les prochaines étapes sont plus faciles et l’arrivée se fait au pas de course : peut-être y a t-il quelques encore quelques minutes à gagner.
10h20 : Ligne d’arrivée
…sous les applaudissements du public, en musique, et épuisés !
Temps final : 8 : 19 : 40, ce qui nous place à la 28ème place et pour une première fois, nous sommes plutôt contents de notre performance.
Distance : 25 km (mais on pense que l’on a fait bien plus…)
Dénivelé positif : 1230 mètres (aïe, ça chauffe…)
Impressions finales : on remet ça dans 3 mois sur le Raid Bombis à Nuits-St-Georges…

Video officielle sur YOUTUBE.

Diaporama perso également sur YOUTUBE.

Retrouvez toutes les informations sur Obivwak ICI.
Pour un autre défi, suivez-moi sur les 100km du Oxfam Trailwalk !

 

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A propos de l'auteur  ⁄ celine

Auteur et rédactrice du blog de voyages nature Globetrekkeuse, je parcours les sentiers du monde et partage mon expérience avec tous les amoureux de nature. Rejoignez-moi sur mon profil Facebook

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