TIBET : Road-trip mystique au pays du Yéti et des lamas

Récit de mon séjour au Tibet, réalisé au cours d’un Tour du Monde.

TIBET, road-trip de 15 jours au pays du Yéti

J1 à J3 : Lanzhou-Lhassa
sur la ligne ferroviaire la plus haute du Monde

Lanzhou est située au cœur de la Chine. C’est une ville qui n’a rien d’excitant. Quelques édifices très modernes y côtoient des bâtiments anciens ou en construction et l’activité industrielle y règne en maître, ce qui en fait également l’une des villes les plus polluées du pays. Rares sont les touristes qui s’y arrêtent (la méconnaissance quasi-totale de l’anglais est d’ailleurs assez révélateur) mais c’est ici que débute mon voyage vers le Tibet.
J’ai choisi d’approcher cette région mystérieuse en empruntant la ligne ferroviaire Qing-Zang (inaugurée en 2006), pour limiter les effets du mal de l’altitude et profiter des paysages insolites des hauts plateaux tibétains.

J1 : 2188 kilomètres de train de Lanzhou  à Lhassa (23 heures)
Les voyageurs sont majoritairement des hommes chinois. Certains me regardent avec insistance : envie, sympathie ou amusement ? Impossible de savoir ce qu’ils pensent de cette globetrotteuse européenne voyageant seule vers une région cachant encore bien des mystères.
23h30, allongée sur un lit superposé dans une cabine plutôt confortable de 4 personnes, j’essaie de trouver le sommeil. Un petit écran au bout du lit fait office de téléviseur mais en vain… la lecture, les discussions avec le personnel et la contemplation du paysage sont les seules distractions possibles. Le thé est servi non-stop et un système de distribution d’oxygène est installé à proximité de chaque couchette en cas de malaise. Sans nous en apercevoir, nous grimpons lentement vers l’Himalaya.

TRAIN vers Lhassa : altitude et taux d'oxygène à surveiller !

Ligne ferroviaire Qing-Zang entre Lanzhou et Lhassa

J2 : Golmud, porte du Tibet
Cet arrêt marque approximativement la moitié du voyage et l’arrivée définitive sur le plateau tibétain, à plus de 4000 mètres d’altitude. Le train franchit lentement le plus haut col de l’itinéraire, Tangula Shankou (5068 mètres), avant de serpenter entre les monts enneigés et les troupeaux de yaks, à une vitesse moyenne de 100 km/h, semblant skier sur le pergélisol. Le franchissement du tunnel Yangbajain, long de 3,4 km, annonce la fin du voyage.
J’arrive à Lhassa, capitale du Tibet, située à 3 650 mètres d’altitude.

J3 : Lhassa
Premières impressions dans la capitale du Tibet

Lhassa est certes une grande ville mais moins agitée que ce que je pensais. L’armée chinoise y est omniprésente, se mêlant dans la ville aux passants et aux moines bouddhistes. Le temple de Jokhang est cerné de pèlerins qui prient tout au long de la journée en marchant autour du temple, en discutant avec leurs voisins tout en agitant leur moulin à prières, et en se prosternant parfois jusqu’au sol après chaque pas.
La nourriture est bonne et variée. Je délaisse d’ailleurs vite la tsampa, aliment traditionnel à base de farine d’orge très bourratif, en faveur des « momos » (sorte de ravioles) aux légumes ou au yak…

Tsampa, aliment traditionnel à base de farine d'orge

J4 à J10
Vers le camp de base de l’Everest

Avant d’effectuer un road-trip au Tibet, il faut savoir qu’il est impossible de visiter le Tibet « alone ». J’ai dû me résigner à prendre un guide pour m’accompagner sur un itinéraire qu’il me sera impossible de modifier durant le séjour. Aucun détour ou aucun entracte possible : toutes les étapes, tous les hébergements, sont inscrits sur une feuille de route validée par la police et indispensable à l’obtention du permis de séjour. Il y a des contrôles réguliers sur la route. S’écarter de son itinéraire ou dormir chez l’habitant est passible d’une amende et d’une reconduite illico à la frontière !

L’itinéraire choisi a l’avantage de passer par les principales villes du Tibet, de pouvoir visiter un nombre important de monastères, tout en découvrant des paysages inimaginables que l’on ne trouve qu’à ces hautes altitudes…
Pas de lassitude possible, chaque temple ou monastère bouddhiste (on en compte une centaine au Tibet) a une atmosphère particulière, plus ou moins mystique. Tous disposent d’un ou plusieurs chortens, dans lesquels se trouvent des représentations de bouddha, et d’une salle de prières remplies d’étoles rouges, oranges et jaunes, de coussins et de tapis où les moines chantent des mantras et mangent la tsampa, pendant que les lamas méditent. Également indispensable au décor : des moulins à prières, des trompettes tibétaines, des tambours, des bougies au beurre, une multitude d’offrandes (fleurs, nourriture, huile, encens, billets…), dans une odeur mêlée d’encens et d’huile.

Si ces monastères bouddhistes sont l’attrait principal d’un voyage au Tibet,
les passages de cols, décorés de drapeaux de prières,
et la nuit sous yourte au pied du majestueux Mont Everest,
sont pour moi les moments les plus forts de ce road-trip.

En voici succinctement les étapes.

J4 à J6 : LHASSA

• Découverte du Potala de jour et de nuit,
Prières dans le Temple de Joklang,
• Tour du Nangkhor et du Barkhor (toujours dans le sens des aiguilles d’une montre),
• Vénération de « Tamdrin » à tête de cheval dans le monastère SERA,
• Rickshaw jusqu’à la maison du Dalaï-Lama dans le parc Norbulingka.
Bien-sûr, nous ne verrons pas le Dalaï-Lama au Tibet puisqu’il est exilé en Inde : je le rencontrerai en fait 2 ans plus tard au Ladakh lors d’une de ses audiences publiques près de Leh.
Retrouvez mon récit de trekking au Ladakh : 8 jours pas à pas…

Palais du Potala surplombant Lhassa

J7 et J8
Vallée du BRAMHAPOUTRE, en direction de SAMYE

• Paysages colorés le long du fleuve et désert de dunes,
• Dégustation de lait de yak au monastère de Drojee-Dra,
• Montée au Mont Hepori et partie de cache-cache dans les drapeaux de prières,
• Nuit près du monastère de SAMYE, le plus ancien du Tibet.

Tibet-Samye

Monastère de SAMYE, en forme de mandala

J9 et J10
Glacier KARO-LA sur la route de GYANTSE et de SAKYA

• Cols enneigés,
• Promenade à dos de yak au-dessus du lac turquoise Yamdrok-Tso,
Glacier KARO-LA,
• Déjeuner au Yak Restaurant de Gyantse,
• Visite du temple fortifié et du village où le temps semble s’être arrêté,
• Nuit froide, bien au fond du duvet,
• Prières matinales aux monastères de Shigatse et Sakya.

Rencontre avec le yéti !

Monastère de GYANTSE

J11 et J12
Camp de base de l’EVEREST et Monastère de RONGBUK

• Partage de l’attente des alpinistes au camp de base de l’Everest (5200m),
• en admiration devant le Mont Everest, culminant à 8848m, le plus haut sommet du Monde,
• Nuit sous yourte à -5°C malgré un chauffage d’appoint à base de bouses de yaks,
• Visite du plus haut monastère au monde, Rongbuk,
Plateau désertique entouré de cimes enneigées jusque Tingri, village far-west.

Monastère de RONGBUK devant l’Everest

Sous la yourte, avec mon guide et mon hôte

J13 et J14
ZHANGMU, en direction de KATMANDOU

• Pistes ensablées et derniers cols,
• Arrivée à Zanghmu, ville frontière entre la Chine et le Népal,
• Passage du « friendship bridge » symbolisant la frontière, le guide du Tibet planqué dans le dos au risque de se le faire confisqué par les autorités chinoise 😉 ,
• Poursuite du voyage vers KATMANDOU.


TIBET PRATIQUE

Meilleure saison : Mai/Juin et Septembre/Octobre (sec et ensoleillé),

Formalités d’entrée : ce n’est pas une légende, l’entrée au Tibet se mérite !
Le passeport et le visa chinois sont obligatoires mais également le permis de circuler au Tibet, qui ne peut être délivré que par une agence de voyages agréée avec laquelle vous devrez suivre l’itinéraire prédéfini. Si vous connaissez quelqu’un qui vit en Chine, c’est le moment de tester son amitié car c’est une assurance d’obtenir le visa chinois sans contre-temps. Une fois que vous avez tous les papiers, il faut espérer que les autorités chinoises ne ferment pas la région, ce fut le cas à 2 reprises en 2011 !
Depuis mai 2012 et suite à l’immolation de plusieurs tibétains, la région autonome du Tibet est fermée aux touristes.

Vaccinations recommandées : DT Polio, Hépatite B, Hépatite A et Typhoïde (prévoyez à l’avance),

Durée de vol : Paris-Shanghaï, 11h sans escale,

Décalage horaire : + 6h en été, + 7h en hiver,

Infos pour le train de Lhassa : voyageschine .

Le Tibet est la région que j’ai préféré découvrir en Chine mais elle est loin d’être la seule à offrir des paysages de toute beauté aux voyageurs. Le Mont Huang, le parc de Huanglong, les collines de Guilin ou encore la Grande Muraille… n’hésitez pas à prolonger le chemin ! Agnès nous livre sur son blog (Vert et Orange) le bilan de 6 semaines passées en solo dans l’empire du milieu.


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3 Commentaires

  • Répondre
    18 mai 2015

    En lisant cet article, tu as dû vraiment t’éclater lors de ce voyage. ça se ressent !
    olivier Articles récents…Les conseils BSP-Auto pour louer un véhicule à un prix imbattableMy Profile

  • Répondre
    Clémence
    27 mars 2017

    Bonjour,
    j’aimerais partir à la fin de l’année au tibet. Comment avez vous fait pour obtenir le permis Tibet? Suis je obligée de dormir dans des hôtels? Est il possible de dormir dans les monastères? Qui a défini votre itinéraire? Merci

    • Répondre
      celine Auteur
      29 mars 2017

      Dormir chez l’habitant est interdit au Tibet mais certains monastères ont en effet une « auberge » destinée aux pèlerins (confort mini). Les hôtels sont modestes. L’itinéraire a été proposée par l’agence chinoise avec laquelle je suis partie, nous l’avons un peu corrigé avant le départ. Il faut savoir qu’il n’est pas possible de visiter le Tibet seul, il faut passer par un guide local, qui vous accompagnera partout ! Soit vous connaissez une agence chinoise qui propose des voyages au Tibet, soit vous faites appel à une agence française qui travaille elle-même avec des guides locaux.
      Pour le permis, l’agence s’en occupe… sachant que la Chine peut en fermer l’accès à tout moment. Difficile voyage donc mais une fois rentrée, la région est stupéfiante !

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