Patagonie : un paradis nommé Pehoé

PehoE, quelques indices

  • Position : 51°02’20’’S 73°07’28’’O (Chili – Ultima Esperanza).
  • Accès : bus entre Puerto Natales et l’entrée du parc Torres del Paine (110 km).
  • Période : Janvier-Février. Vent plus fort mais températures clémentes.
  • Ne pas oublier : chaussures de marche, poncho, matériel de camping (prix élevé dans les refuges et réservation obligatoire longtemps à l’avance), duvet très chaud, nourriture (ravitaillement cher et peu fréquent), sacs plastiques (pour rapporter les déchets), jumelles, argent liquide (droit d’entrée de 25euros, tarif spécial étranger !).
  • Faune : guanacos, nandous, renards, ouettes de Magellan, condors, huemuls pour  les chanceux.
  • Conseils : sortir des sentiers battus, délaisser le catamaran, quitter le parc par le campement « Las Carretas » : solitude absolue garantie.

 

« La terre est plus belle que le Paradis »

Certains lieux nous offrent une si évidente et immédiate sensation de bien-être qu’ils laissent à jamais une empreinte unique dans notre mémoire et dans notre cœur. Ces lieux nous reviennent dans les moments les plus inattendus, dans un hall de gare ou au beau milieu d’une réunion, dans un embouteillage ou au cours d’une randonnée, devant une émission de télévision ou un magnifique paysage. Ils nous entraînent dans une douce, apaisante et parfois salutaire rêverie.
J’ai la chance de m’être plusieurs fois retrouvée dans un lieu si bienfaisant que j’aurais aimé y rester à jamais, sans autre occupation que de ressentir la beauté et la puissance de ce lieu. Aujourd’hui, ces paradis perdus m’accompagnent dans chaque étape de ma vie.

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Le “coin de paradis” est propre à chacun d’entre nous. Il n’est pour moi accessible que dans l’immensité de la nature, lorsque la force des éléments révèle ma propre fragilité et la reconnaissance infinie que j’ai de faire partie de cet univers miraculeux : entre ciel et glace sur le Perito Moreno, au-dessus des éléphants de mer endormis de Valdès, dans les forêts d’arrayanes patagonnes, devant les couchers du soleil au Sud-Lipez, tout en haut du Huayna Picchu…
Mais il est un lieu qui m’est plus cher encore, moins connu, plus abandonné, et qui reste, malgré mes nombreux voyages, mon paradis perdu, l’endroit où j’aimerais être à chaque fois que mon esprit s’évade, un lieu si familier et pourtant à des milliers de kilomètres de chez moi : sur les bords du lac PEHOE.

Ce lac se situe au cœur du parc national Torres del Paine, au Chili.
Le parc, d’une surface de 2 422 km2 et déclaré réserve de biosphère par l’UNESCO, est un site incontournable pour le trek. Ses paysages sont d’une grande diversité (steppes, étangs, montagnes enneigées, glaciers, forêts, ruisseaux, cascades, lacs) et malgré le nombre croissant de touristes qui y séjournent, l’impression d’immensité et d’authenticité perdure. La nature y règne en maître, le vent constant finit par rendre fou et la météo y est totalement aléatoire. Seule certitude : chaque jour apporte sa ration de soleil, de pluie, de vent, de froid et de chaleur !

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Cet environnement, pouvant paraître hostile au premier abord, nous rend vivant et pleinement réceptif à chacune des beautés offertes. Chaque accalmie est vécue comme un don de la nature et c’est dans ces conditions que j’ai découvert le lac Pehoé, entracte paradisiaque entre la vallée del Francés et le glacier Grey. Les eaux cristallines du lac sont d’une incroyable beauté et de bonnes conditions permettent de voir le massif del Paine s’y refléter.
A l’horizon, les cimes enneigées nous rappellent que les glaciers ne sont pas loin. Le lac est un oasis où faune et flore semblent s’être parfaitement adaptées au climat. Quelques ouettes de Magellan complètent le paysage et criaillent lorsqu’un prédateur s’approche de leurs petits.

L’endroit est si envoûtant que j’écris dans mon carnet de route,

« et si c’était cela le sens de la vie : être en osmose avec la nature, l’aimer, la redouter,
la respecter, et passer le message à la génération suivante…»

patagonie-torres-del-paine-pehoe4Si vous visitez le parc Torres del Paine, prenez le temps de découvrir ce coin de paradis, sur les bords du lac Pehoé, en vous éloignant du refuge, de l’embarcadère et des autres randonneurs.
Admirez, écoutez, attendez que les éléments se calment et que la nature s’offre à vous. Vous ressentirez peut-être alors les mêmes émotions que moi et le sentiment d’avoir atteint votre jardin secret.
Si ce n’est pas le cas, continuez votre route, je suis certaine que le vôtre vous attend un peu plus loin sur le chemin

Retrouvez cet article et de nombreux autres dans le recueil collaboratif Au coeur de la Patagonie,
gratuit sur le blog chilivoyages.com
.

 

A propos de l'auteur  ⁄ celine

Auteur du blog Globetrekkeuse, 100% nature, je parcours les sentiers du monde, à pieds, à vélo ou en van aménagé, et partage mon expérience avec tous les amoureux de nature. Rejoignez-moi sur mon profil Facebook.

4 Commentaires

  • Répondre
    25 mars 2015

    Une de mes prochaines destinations pour sur 🙂
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  • Répondre
    Coralie
    26 mars 2019

    Bonjour Céline,
    Tout d’abord, super article et merci pour les conseils (notamment toujours bon à savoir les 25€ à débourser avant de rentrer dans le site…) ! La photo est magnifique même si la météo n’a pas l’air très clémente !
    Je voulais demander s’il est facile de se repérer dans le Parc et si les randonnées sont clairement balisées ? Car tu parles de sortir des sentiers battus…
    Pourrais-tu également nous dire combien de temps dure cette rando ?
    Et enfin, est-ce qu’il est possible de faire du camping sauvage dans le parc ? Ou des refuges sont suffisamment présents pour effectuer des randos sur plusieurs jours ?

    Merci d’avance, belle journée 🙂
    Coralie

    • Répondre
      celine Auteur
      26 mars 2019

      Bonjour Coralie,
      Les itinéraires officiels (dont le fameux circuit W) sont bien repérés et on peut se procurer une carte à Calafate ou aux entrées du parc. On peut opter pour quelques variantes qui permettent de passer d’un circuit à un autre en empruntant des sentiers un peu plus isolés.
      Le camping sauvage n’est pas autorisé mais il y a des emplacements “camping sauvage” où seul un petit abri et un accès à l’eau sont mis à disposition et où on s’est vraiment crû seuls en pleine nature (ex : Las Carteras). Il y a quelques campings plus officiels (ex : Glacier Grey) et quelques refuges mais le nombre de places est limité. A mon avis, le mieux est d’opter pour le bivouac et de repérer les campings (officiels et sauvages) en amont pour se faire son propre itinéraire. Incontournables : Lac Péhoé, Glacier Grey et Vallée des Français…
      Hasta luego !

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