Séjour au LADAKH : 5 étapes pour se préparer à un trek au “Petit Tibet”

La région du Ladakh, perchée à plus de 3500 mètres d’altitude entre la Chine et le Pakistan, a été interdite aux visiteurs jusqu’en 1974. Aujourd’hui encore, un séjour au Ladakh reste une expérience insolite bien que de plus en plus prisée des randonneurs aguerris qui viennent y côtoyer les 2 chaînes de montagne les plus hautes du Monde : l’Himalaya et le Karakoram.
Les plateaux désertiques et secs, l’ambiance minérale et le manque d’oxygène peuvent faire apparaître le Ladakh comme austère et peu avenant… il permet pourtant une immersion totale dans une nature sauvage et merveilleuse, loin du tumulte des villes, et où le temps semble s’être arrêter pour laisser les prières s’envoler vers les divinités bouddhistes.

sejour au ladakh paysage


Préparer son séjour au Ladah
Mode d’emploi


Étape 1  pour préparer un séjour au Ladakh
Choisir l’itinéraire

Vous avez déjà essayé de localiser le Ladakh sur une carte du monde ? Pas facile, n’est-ce pas ?
Sa situation, à l’extrême nord de l’Inde, dans la chaîne de l’Himalaya et à côté du Tibet chinois, est certainement l’une des raisons qui fait d’un séjour au Ladakh une expérience unique.

Avant tout départ vers une destination insolite, j’ai pris l’habitude de me renseigner sur le site du ministère des affaires étrangères (conseils aux voyageurs). Des fiches pays sont à disposition et régulièrement mises à jour, présentant les risques dans les différentes régions ainsi que les préconisations et précautions à prendre en s’y rendant.
Si l’Inde est un pays relativement sûr dans lequel on peut voyager sans difficulté, la vallée du Cachemire et la frontière avec le Pakistan sont fortement déconseillées. Le Ladakh est heureusement bel et bien épargné et reste une destination sécurisée pour les visiteurs prudents.
Une fois sur place, on se rend compte que l’armée y est omniprésente et que les frontières sont bien gardées. Néanmoins, je ne me suis jamais sentie en danger et Leh, capitale du Ladakh, m’est même apparue comme un havre de paix après le tumulte de Delhi !

carte sejour au ladakh vigilance

Ladakh, Zanskar, la vallée de Nubra, le Rupshu ou la région de Purig : pas facile de savoir où aller sans connaître les lieux, d’autant plus que le trekking et l’ascension de sommets dans ces régions sont soumis à permis et autorisations spéciales. Il est donc préférable de passer par une agence pour un premier séjour au Ladakh, qu’elle soit locale ou basée en France.

Le séjour commence par  une période d’acclimatation de quelques jours à Leh (3500 m d’altitude), chef-lieu du Ladakh. J’ai ensuite effectué un trek de 8 jours depuis Rumtse, à travers les hauts plateaux himalayens vers la région des grands lacs plus à l’est : lac Kyagartso et lac Tsomoriri. Point culminant : le Kosur La (5450 mètres).

 Retrouvez l’itinéraire complet de mon trek au Ladakh dans l’article
Trekking au Ladak, 8 jours pas à pas en Himalaya …
ainsi que mes conseils pour réussir
Trek au Ladakh, 6 (vrais et faux) conseils pour réussir

Comment s’y rendre ?
Le moyen de transport le plus sûr reste l’avion, de Delhi à Leh, même s’ils sont souvent retardés pour cause de mauvais temps à Leh (bienvenue en Himalaya !). Les vols sont très fréquentés et il es préférable d’obtenir un billet confirmé depuis la France. Une escale est inévitable à Delhi, et pour ma part, j’en ai profité pour m’y arrêter quelques jours et visiter le Taj Mahal à Agra situé à 180 km de la capitale indienne.
Il est également possible d’atteindre Leh par la route depuis Manali, mais attention, elle n’est ouverte que quelques mois dans l’année et est très encombrée.


Étape 2  pour préparer un séjour au Ladakh
Faire la demande de visa

Le visa de tourisme pour l’Inde est valable 6 mois à partir de la date d’entrée sur le territoire (et non plus de la date d’émission par l’ambassade de l’Inde comme ce fut longtemps le cas). Il  est à double-entrée, c’est à dire qu’il est possible d’entrer 2 fois en Inde durant la validité du visa.
La procédure à suivre est bien décrite sur le site de VFS : www.vfsglobal.com/india/france

La demande en ligne d’un e-visa (valable uniquement pour un arrivée par les airs) est la plus économique, mais vous pouvez également opter pour le dépôt d’un dossier papier dans les centres vfs agréés par le consulat indien (Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg et Bordeaux) ou l’envoyer par courrier.  Le formulaire est un peu fastidieux à remplir (en anglais) mais, avec un minimum de concentration, on en vient à bout. Attention néanmoins aux formats des photos qui nécessitent de prévoir un rendez-vous chez un photographe (5cm*5cm) à moins de maîtriser Photoshop !
J’ai pour ma part choisi de déposer mon dossier à Lyon, où j’ai été bien reçu et bien conseillé. Il faut juste penser à apporter du liquide car les cartes bancaires ne sont pas acceptées. 15 jours plus tard, mon passeport arrivait dans ma boite aux lettres avec le visa demandé.

Prix du visa : 60 US$ pour le e-visa, 90€ en se rendant dans un centre vfs.
Nota : les frais de ré-expédition sont
affectés à chaque passeport même pour une demande simultanée pour plusieurs passeports.
Délai de délivrance : 15 jours.

sejour au ladakh leh drapeaux


Étape 3  pour préparer un séjour au Ladakh
Contacter son assurance

Même pour des randonneurs aguerris et habitués à l’altitude, le trek en haute montagne est considéré comme une activité à risque, et toutes les assurances ne prennent pas en charge les frais engagés en cas d’accident.

S’il est prudent de souscrire une assurance voyage pour tout séjour à l’étranger, il est d’autant plus important de vérifier les clauses de son assurance pour un séjour au Ladakh, et de ne pas hésiter à acquérir une assurance complémentaire qui prend en charge l’ensemble des frais pouvant être occasionnés en cas d’accident au cours d’un séjour au Ladakh : frais de recherche par secours locaux, frais médicaux, hospitalisation éventuelle et rapatriement.
La prise en charge par l’assurance doit impérativement commencer à la demande d’évacuation et non à l’arrivée à l’hôpital le plus proche (Leh) pour permettre un héliportage jusqu’à cet hôpital.

Les assurances proposent aujourd’hui des garanties sur mesure pour tout type de séjour (de simples vacances au tour du monde…). Il est possible d’obtenir rapidement un devis en ligne mais je préconise néanmoins de contacter un conseiller pour s’assurer que les activités sportives tel que le trekking en haute montage sont bien couvertes par les garanties, comme c’est le cas avec Allianz Travel.
A noter : les détenteurs d’une carte visa premier (uniquement les cartes « haut de gamme ») bénéficient déjà d’une assurance couvrant les frais en cas d’accident en haute montagne, mais attention, il faut avoir payer les billets d’avion et l’organisation du voyage avec la carte.


Étape 4  pour préparer un séjour au Ladakh
Passer la visite médicale

Après 10 jours passés entre 4000 et 5500 mètres d’altitude dans une région désertique, je confirme ce qu’écrit le ministère des affaires étrangères sur son site internet : un trek au Ladakh, à plus de 4000 mètres d’altitude, ne peut être entrepris que par des personnes en parfaite santé et en bonne condition physique.
D’autant plus que l’on randonne le plus souvent loin de toute civilisation et que l’évacuation par les secours en cas d’accident peut prendre plusieurs heures. Pendant mon trekking entre Leh et le lac Tsomoriri, il m’est arrivée de marcher plusieurs jours sans voir personne excepté le guide et le cuisinier. En cas d’accident, c’est à dos de cheval que j’aurais dû être rapatriée jusqu’à la route la plus proche ou un point de rencontre avec les secours (mieux vaut ne pas trop y penser lorsqu’on marche) !

sejour au ladakh trekking himalaya

Avant de partir pour un séjour au Ladakh, il faut donc prévoir un rendez-vous chez le médecin pour :
• faire un état des lieux de sa santé et minimiser les risques d’accident,
• obtenir quelques médicaments tels que anti-diaréhique et paracétamol pour les maux courants, Diamox pour le mal aigu des montagnes (la coca homéopathique a été suffisante pour moi mais ce n’est pas le cas de tous),
• réaliser les éventuels vaccins préconisés.

Si aucun vaccin n’est obligatoire pour se rendre en Inde, ceux contre le tétanos, l’hépatite A et la typhoïde sont recommandés. Les grands voyageurs auront peut-être la chance, comme moi, d’être à jour au moment du départ (DTpolio tous les 10 ans, hépatite A tous les 10 ans, typhoïde tous les 3 ans). Sinon, il faut compter 80 euros pour les 3 vaccins (à noter qu’il existe désormais un vaccin unique contre la typhoïde et l’hépatite A).
Chaque vaccin doit être fait 15 jours minimum avant le départ, et mieux vaut prendre un peu de marge car certains vaccins ne peuvent être réalisés que dans des centres de vaccination habilités avec prise de rendez-vous.
Enfin, il n’est pas nécessaire de prévoir un traitement anti-paludéen, les moustiques ne montent pas au-delà de 2000 mètres 😉 .


Étape 5  pour préparer un séjour au Ladakh
Préparer son sac à dos

Une fois les formalités réalisées, il ne reste plus qu’à préparer ses affaires.
Pensez tout d’abord à scanner passeport, visa, billets de transport et voucher et à les enregistrer dans votre messagerie internet, utile en cas de perte ou de vol. Emportez avec vous les numéros d’urgence de l’assurance et de l’ambassade, mais également les adresses de vos amis pour leur envoyer une petite carte de Leh (qui devrait mettre entre 15 et 25 jours pour arriver à destination) 😉 .

Bonne nouvelle : le matériel de bivouac est géré par l’agence locale à Leh. J’avais néanmoins apporté mon duvet et mon drap sac, qui avaient fait leurs preuves dans le froid lors d’un séjour en Patagonie.

sejour au ladakh bivouac

Voici quelques équipements que je conseille suite à mon expérience de trekking au Ladakh, en complément des affaires de voyage plus classiques :
• des habits chauds (y compris collant, bonnet et gants) et imperméables,
• des chaussures de randonnée hautes qui ont déjà servi,
• des chaussons ou chaussettes en laine pour être à l’aise sous la tente,
• des bâtons de randonnée (pliables, ils seront plus faciles à faire rentrer dans le sac à dos et dans la soute),
• lunettes de soleil, casquette et crème solaire (indispensables à 5000 mètres d’altitude),
• un filtre anti-uv et pare-soleil pour l’appareil photo (reflex),
• une lampe frontale avec piles de secours,
• une batterie de secours pour recharger les appareils électroniques (pas d’électricité pendant le trek),
• un rouleau de papier toilette (pour plus d’autonomie) et un briquet pour ne laisser aucune trace,
• une gourde (une bonne hydratation est l’une des clefs de réussite d’un séjour en altitude),
• une serviette et un nécessaire de toilette (pas de douche pendant le trek).

sejour au ladakh tsomoriri lac

Retrouvez l’itinéraire complet de mon trek au Ladakh dans l’article
Trekking au Ladak, 8 jours pas à pas en Himalaya …
ainsi que mes conseils pour réussir
Trek au Ladakh, 6 (vrais et faux) conseils pour réussir

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A propos de l'auteur  ⁄ celine

Auteur et rédactrice du blog de voyages nature Globetrekkeuse, je parcours les sentiers du monde et partage mon expérience avec tous les amoureux de nature. Rejoignez-moi sur mon profil Facebook

8 Commentaires

  • Répondre
    22 décembre 2013

    Article bien pratique, c’est ce que je cherchais

  • Répondre
    18 juin 2014

    Bonjour,

    Super ce blog, il fait rêver!
    Je pars au Ladakh fin septembre/début octobre et prévois de faire la vallée du Sham.
    Je vais camper et je me demander si vous sauriez me dire quelle est la température la nuit dans cette région à cette période (pour que je choisisse le bonsac de couchage).

    J’avais fait le Ladakh il y a quelques année mais en aout avec un sac 5° confort sans sensation de froid mais les températures sont sans doute plus basse début octobre…

    Merci d’avance pour votre réponse,
    Hélène

    • Répondre
      celine Auteur
      19 juin 2014

      A partir de la fin septembre, les températures risquent de chuter assez rapidement et s’il peut faire encore doux à Leh, il est très probable que les températures soient négatives en altitude durant la nuit. Si tu pars avec une agence locale, il est possible qu’elle puisse te louer un bon sac de couchage et sinon, reste la solution de la gourde remplie d’eau bouillante dans le duvet avant d’aller dormir : très efficace !

  • Répondre
    10 avril 2018

    Quelle aventure ! Pour moi c’est un voyage de l’extrême ça et malgré les sublimes paysages, je n’ai surement pas la condition sportive nécessaire. Je suis très admirative !

    • Répondre
      celine Auteur
      10 avril 2018

      Un trek au Ladakh nécessite en effet un peu d’entrainement… mais ça en vaut vraiment la peine !

  • Répondre
    15 avril 2018

    On s’était tatés à une époque pour y aller mais le peu de retours que l’on a réussi a avoir est que niveau nourriture, c’est vraiment galère pour se ravitailler. Tu confirmes ou pas stp ?

    • Répondre
      celine Auteur
      15 avril 2018

      Je confirme.
      Même en choisissant un trek qui passerait par des villages, ils ne sont pas toujours ravitaillés. Mieux vaut s’aider d’un guide local !

  • Répondre
    13 mai 2018

    J’en bave d’anticipation! Ces treks dans l’Himalaya me tentent au plus haut point et j’espère pouvoir les faire très prochainement! En attendant, vive les entraînements locaux!
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