TREK au LADAKH : 6 (vrais et faux) conseils pour réussir

Puisqu’un trekker averti en vaut deux, voici quelques vérités qui pourront aider les candidats au trekking dans la région du LADAKH.
Elles sont issues de ma propre expérience, suite à un un trek de 10 jours au sud-est de Leh, constitué de 8 étapes entre le village de Rumtse et celui de Korzok, près du lac Tso Moriri, à une altitude comprise entre 4500m et 5400m et réalisé fin août 2013.
Retrouvez le détail de ce trek dans l’article « 8 jours au Ladakh, pas à pas… »

Conseil n°1 : « Une bonne santé est nécessaire pour réaliser un trek au LADAKH »       VRAI

Non seulement le changement de régime, d’horaires et de climat ne facilite par l’acclimatation, en provoquant maux de tête et troubles digestifs mais la marche en très haute altitude nécessite un effort bien plus important que dans nos montagnes. Mieux vaut être sportif !
Le contrôle dentaire avant le départ est plus que conseillé : le manque d’oxygène et la baisse de pression atmosphérique peuvent provoquer de fortes douleurs sur une carie mal soignée.
En cas de problème, pas de secours immédiat possible. L’hélicoptère ne viendra pas vous chercher même avec la meilleure assurance. De toute manière, il est difficile de joindre qui que ce soit sans réseau téléphonique ! C’est à dos de cheval qu’il faudra regagner une route avant de rallier Leh ou Kargil (seuls hôpitaux du Ladakh) : bref, pas de soins avant plusieurs heures…
Prévoir dans sa trousse à pharmacie : coca homéopathique, paracétamol, anti-nauséeux, anti-bactérien intestinal, anti-diarrhéique, compresses désinfectantes, pansements.

Conseil n°2 : « 1 journée d’acclimatation à LEH est indispensable pour éviter le MAM »    …   FAUX

LehIl faut prévoir au moins 3 jours en altitude, le plus souvent à Leh, capitale du Ladakh (3700 m) pour que le corps ait le temps de s’acclimater. Si le mal aigu des montagnes (MAM) survient 4 à 8 heures après l’arrivée en altitude, il atteint en effet son maximum en 24 à 36 heures, pour s’atténuer en 3 à 4 jours.
Au-delà de 3500m, tous les trekkers en sont atteints, avec des effets plus ou moins prononcés : maux de tête, manque d’appétit, troubles digestifs, bâillements, insomnie.
Seul remède efficace : attendre et boire abondamment : en altitude, l’élimination urinaire importante est un signe de bonne acclimatation ! Les somnifères sont à proscrire : ils accentuent la MAM en entraînant des hypo-ventilations.
Les effets du MAM s’estompent naturellement avec le temps, à condition de respecter quelques jours d’acclimatation avant le départ ainsi qu’une ascension lente et limitée à 500m de dénivelé par jour durant le trek. Si les antalgiques courants ne réussissent plus à calmer les maux de tête, il faut arrêter l’ascension un jour ou deux. Et si les douleurs ne passent pas, la redescente agit de façon miraculeuse.

Conseil n°3 : « Il est possible de réaliser un trek au Ladakh sans assistance locale »   …   FAUX, MAIS PEUT-ETRE BIENTOT

Le Ladakh reste une région semi-désertique où la plupart des vallées sont inhabitées. Certains itinéraires de treks ne croisent pas un seul village (hormis de nomades) pendant de nombreux jours et il faut marcher en totale autonomie. Il faut donc à minima louer des chevaux et/ou ânes (pas de porteurs au Ladakh) et les services du muletier pour porter la nourriture et l’équipement.
equipe-trek-ladakhDe plus, les cartes sont encore très peu précises et seuls les guides semblent connaître tous les sentiers et emplacements possibles pour les campements (proximité d’un ruisseau obligatoire : voir conseil n°5), et surtout vous proposer des variantes dans l’itinéraire en cas de météo capricieuse ou d’acclimatation difficile.
Pour un premier trek au Ladakh, je conseille de passer par une agence locale et de prévoir le guide, le cuisinier et le muletier. Confort bien apprécié pour découvrir cette région..
Ensuite, à vous de voir. Le trek « Padum-Lamayaru » a notamment été aménagé afin de proposer aux marcheurs un hébergement et un repas à chaque étape, mais attention aux mauvaises surprises…

Conseil n°4 : « La cuisine indienne, végétarienne et trop épicée, n’est pas adaptée à l’effort »   …   FAUX

repas-en-trekLa nourriture locale, à base de légumes et toujours épicée peut paraître peu adaptée à l’effort mais le cuisinier saura accommoder son menu (3 à 4 plats par repas) et vous proposer aussi bien des « momos » tibétains et du « daal » que des pizzas et des crêpes, sans jamais forcer sur les épices. Le poulet en début de trek est vite remplacé par du thon et du fromage. Les seuls aliments réellement manquant sont les yaourts.
Il n’est pas nécessaire de se charger de barres chocolatées, on en trouve à Leh et elles peuvent être prévues par l’agence locale (1 barre et 1 jus de fruit en complément des repas nous ont été fournis tout au long du trek).

Conseil n°5 : « Des pastilles type Micropur ou Aquatabs sont indispensables pour purifier l’eau»    …   VRAI, et re-VRAI !

L’eau utilisée en trek est l’eau des ruisseaux que l’on fait bouillir afin d’éliminer les bactéries. Mais le ruisseau se révèle parfois être une marre stagnante où les animaux (vos chevaux en premier lieu) se désaltèrent et se soulagent paisiblement pendant les longues pauses entre étapes.
Si on arrive à ne pas trop y penser quand la santé est bonne, cela devient beaucoup plus difficile quand les premières nausées arrivent et même insupportable en cas de diarrhée persistante.
Si les pastilles purificatrices ne servent en principe qu’à éliminer les bactéries et virus, tout comme le fait l’eau bouillie, le petit goût de javel qu’elle procure a un effet rassurant comparé au goût fadasse et tiède de l’eau bouillie. Un poids mini pour un réconfort certain.

Pour aller plus loin, un article de RandonnerMalin Comment purifier l’eau en randonnée ?

Conseil n°6 : « Les 3 équipements les plus importants sont un duvet chaud, un bonnet et des lunettes de soleil »   …   VRAI mais PAS QUE

Au Ladakh, les températures, tout comme les paysages, sont extrêmes. De juin à septembre, il fait très chaud la journée (30°C) et froid la nuit (0°C à 4500m).
Les UV sont plus violents en altitude. Les lunettes de soleil, la crème solaire et la casquette sont indispensables et il faut boire entre 2L et 3L par jour. Dès que le soleil est caché par les nuages, on ressent le froid et la grêle peut même tomber soudainement sur les cols.
Les nuits sont froides et mieux vaut un bon duvet. Une astuce très efficace est de remplir une gourde métallique d’eau bouillante et de la mettre dans le duvet : chaleur assurée pendant 5 heures. Le bonnet est également indispensable le soir pour se protéger des courants d’air froid. Bref, avoir la tête toujours couverte (casquette le jour, bonnet le soir) est une parade idéale contre les maux de tête.
Quelques autres indispensables : veste chaude et imperméable (type veste de montagne), appareil-photo reflex avec pare-soleil, drapeau de prières tibétain (à acheter à Leh et à accrocher au passage du plus haut col), papier-toilette…

ladakh-cairn

Pour aller plus loin, retrouvez l’article LADAKH : 5 étapes pour partir du bon pied

 

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A propos de l'auteur  ⁄ celine

Auteur et rédactrice du blog de voyages nature Globetrekkeuse, je parcours les sentiers du monde et partage mon expérience avec tous les amoureux de nature. Rejoignez-moi sur mon profil Facebook

4 Commentaires

  • Répondre
    12 mars 2014

    « Conseil n°4 : « La cuisine indienne, végétarienne et trop épicée, n’est pas adaptée à l’effort »  » A la longue, elle soule un peu, surtout si on tombe sur des excursions végétariennes…

    En hiver, dans le coin, je vous conseille le Chadar trek… magnifique 🙂 Bon, à mon tour, il me faudra revenir en été… j’ai rencontré un guide sympa et qui marche vite, Tachi, on a marché sur le Chadar ensemble et il m’a accompagné sur le Stok Kangri… un bon pti gars !
    Piotr Articles récents…Balade dans la forêt primaire de Yakushima – JaponMy Profile

  • Répondre
    24 juin 2016

    Il est vrai que le Ladakh est une région magnifique! Nous avions passé des très bon moment à deux filles là bas. Nous avions réalisées par nous même le trek de la Markha qui se prête très bien à un trek sans guide, avec son sac à dos en fidèle compagnon et carte à la main! 🙂
    Dépaysement garanti!
    Tanya Articles récents…Découverte du Yoga dans le Chablais – Interview de Lalie ChochonMy Profile

  • Répondre
    17 novembre 2016

    Après le Népal, je rêve maintenant du Ladakh et de ses paysages désertiques (enfin j’en rêvais avant mais l’occasion du Népal s’est présenté et je n’ai pas pu refuser) alors merci pour ton article !
    Est ce que ça s’est bien passé pour toi d’arriver direct à 3700 m? Cette altitude me fait un peu peur car au Népal je me suis sentie mal vers 3500m donc bon j’étais bien contente de redescendre avant de remonter pour la suite du trek.
    Sinon je partage ton avis sur le conseil 4 : pas de problème pour manger végé et faire un trek. Au Népal, j’ai mangé du riz, des lentilles et des légumes pendant les 2 semaines et si j’ai eu des difficultés ce n’était pas à cause de l’alimentation mais plus l’altitude et les genoux qui ont pas trop aimé les descentes raides. bon très vite j’ai rêvé de gâteaux au chocolat et autres glaces mais sinon rien à signaler…
    Sinon pour le micropur, attention attention, je me suis fait avoir au Népal : il y a 2 modèles : le modèle « inutile » pour l’europe/amérique du nord de couleur bleue (celui que j’ai acheté bien sur car je ne connaissais pas l’autre) et le modèle de couleur rouge qui tue tout ce qui bouge (dont les amines diabolique pour le métabolisme). J’ai découvert ça sur place car mes amis avec pas le meme micro pur que moi. Résultat j’ai tout fait sans micropur et j’ai bu que de l’eau bouillie. Ça s’est bien passé, j’ai peut etre eu de la chance, mais ce n’est pas le même pays et je pense pas que l’eau venait de l’eau croupie donc bon…
    Mathilde Articles récents…8 idées cadeaux de Noël qui font voyager avec Cabane Indigo + CONCOURSMy Profile

    • Répondre
      celine Auteur
      17 novembre 2016

      Merci pour ce partage d’expériences !
      Je n’ai pas eu de problème en arrivant à Leh mais j’ai tout de même passé 2 jours tranquille à Leh avant le départ en trek pour m’acclimater.
      Et je n’ai pas échapper aux nuits mouvementées et à l’estomac en vrac une fois les 4000 mètres dépassés ! mais au bout de quelques jours, ça va mieux…

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